Faut-il aujourd’hui renégocier ou non son prêt immobilier ? S’il n’existe pas de règle absolue, deux éléments jouent en faveur de la renégociation d’un prêt immobilier.
Les éléments à analyser avant de renégocier son crédit immobilier
Avant de se lancer dans une renégociation, il est essentiel d’étudier plusieurs paramètres qui peuvent influencer le gain réel de l’opération. Une analyse approfondie permet d’éviter les mauvaises surprises et de prendre une décision adaptée à sa situation financière.
L’impact du capital restant dû
Le montant du capital restant à rembourser constitue un critère déterminant. Plus celui-ci est élevé, plus les économies potentielles peuvent être importantes en cas de baisse du taux d’intérêt. À l’inverse, lorsqu’un prêt arrive en fin de remboursement, les gains liés à une renégociation sont souvent limités.
Le coût des frais annexes
Une renégociation ne se limite pas à la comparaison des taux. Certains frais peuvent réduire la rentabilité de l’opération :
- Frais de dossier bancaires
- Indemnités de remboursement anticipé
- Frais de garantie ou d’hypothèque
- Frais liés à la nouvelle assurance emprunteur
- Éventuels frais de courtage
Il est donc indispensable de calculer le coût global de l’opération avant de prendre une décision.
L’accompagnement d’un professionnel du financement
Faire appel à un courtier spécialisé en prêt immobilier peut permettre d’obtenir une vision plus précise des opportunités du marché. Grâce à sa connaissance des critères bancaires et des offres disponibles, ce professionnel peut comparer plusieurs solutions, négocier les conditions de financement et vérifier que la renégociation présente un véritable intérêt économique pour l’emprunteur.
La situation personnelle de l’emprunteur
Les revenus, la stabilité professionnelle, le niveau d’endettement ou encore les projets futurs peuvent influencer la capacité à obtenir de meilleures conditions de financement. Une banque étudiera toujours la situation globale du demandeur avant d’accepter une renégociation ou un rachat de crédit.
Des taux d’intérêts particulièrement bas
Aujourd’hui, les taux d’intérêt se situent toujours à des niveaux exceptionnellement bas, ce qui augmente la capacité des ménages, ou réduit de façon significative leurs mensualités.
La délégation d’assurance
La récente loi Hamon permet désormais à l’emprunteur de résilier sans frais l’assurance de prêt souscrite auprès de la banque, dans les 12 mois qui suivent la signature de l’offre de prêt. L’emprunteur doit adresser à la banque son nouveau contrat d’assurance, afin que celle-ci étudie l’équivalence des garanties. Celle-ci doit se prononcer dans les 10 jours ouvrés par écrit. En cas d’acceptation, l’assuré doit adresser sa demande de résiliation auprès de l’assureur avec copie de la lettre d’acceptation de la banque et indication de la date d’effet du nouveau contrat. La loi prévoit une amende de 3000€ pour le banquier qui :
- Refuse un contrat d’assurance présentant des garanties équivalentes.
- Ne respecte pas le délai de 10 jours dans lequel il doit se prononcer suite à une demande.
- Ne motive pas son refus suite à une demande.
Attention, la loi Hamon ne concerne que les prêts immobiliers non professionnels. Les offres de prêts signées après le 26 juillet 2014.
Renégocier son prêt immobilier, quel intérêt ?
Une renégociation a pour but de rembourser des mensualités plus faibles et au final d’alléger le coût global de son crédit.
Quand renégocier son prêt ?
On conseille d’étudier cette option lorsqu’il existe au minimum un point d’écart entre votre taux d’intérêt actuel et le nouveau taux que l’on vous propose. De plus, il est généralement conseillé de revoir son emprunt lorsqu’on se situe dans la première moitié de remboursement. Toutefois, chaque cas est particulier.
Comment négocier ou renégocier son prêt immobilier ?
1. Faites le point précis de votre situation : Capital restant dû, durée, pénalités de remboursement (3% ou 6 mois), revenus disponibles. Tous ces éléments sont à prendre en considération.
2. Faites jouer la concurrence entre les banques : Renégocier son prêt immobilier suppose d’étudier le taux de base proposé, mais aussi les assurances, les frais de dossier, la garantie sous forme de crédit logement ou d’hypothèque.
3. Conservez une durée longue : « Surement pas direz-vous, je vais payer plus d’intérêts sur la totalité du prêt ». En effet, mais en contrepartie, vos mensualités seront plus faibles (vous assurant une meilleure qualité de vie), vous disposerez de plus souplesse (en cas de chômage, divorce, accident de la vie qui n’arrivent pas qu’aux autres), vous protégerez plus longtemps votre famille (grâce à l’assurances décès)… Le plus, placez l’économie mensuelle en assurance-vie ou en épargne retraite : Vous disposerez à terme du bien immobilier et d’un capital significatif dans un cadre fiscal favorable.
4. Optez pour la délégation d’assurance : Vous pouvez trouver moins cher et plus protecteur que l’assurance de la banque. Lire l’article : Assurance de votre immobilier, ce qu’il faut savoir
5. Résistez aux pressions de votre banque : Les discours du type « Je vous fais un taux intéressant si vous prenez chez moi : l’assurance maison, auto, mutuelle, PEL, CEL, les livrets pour le petit dernier … sont fréquents. Faîtes la part des choses et allez voir ailleurs si les contreparties demandées sont trop fortes.
Que gagne t’on concrètement financièrement ?
Renégocier son prêt immobilier est une opération qui peut apporter des économies non négligeables. ATTENTION, se concentrer uniquement sur les taux d’intérêts, les frais de dossier et les pénalités de remboursement est insuffisant, de nombreux critères moins connus ont une importance capitale. Une étude précise intégrant tous les éléments de votre situation patrimoniale permettra de mesurer exactement les bénéfices de la renégociation.
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